Promenades ludiques

Les travaux touchent à leur fin... enfin ?

 

Cela fait maintenant plusieurs mois que notre ville est un vaste chantier.

 

Bientôt, le calme reviendra. Le chaos laissera place à de grandes esplanades pavées, ponctuées çà et là de bancs depuis lesquels les dijonnais pourront contempler la beauté du travail achevé. Les bruits des marteaux-piqueurs s'oublieront dans le calme assourdissant des chants d'oiseaux et le glissement imperceptible des rames de tramway.

 

Pourtant, cette perspective d'une ville propre et silencieuse a quelque chose d'angoissant.

 

Le vacarme des palissades qui tombent, les moteurs d'engins et les klaxons des automobilistes excédés avaient une connotation rassurante. La ville fourmillait de gilets fluorescents qui, par leurs cris et leurs rires, battaient le tempo d'une agglomération vivante.

 

Et surtout, que va-t-il rester de ces petits parcours incongrus qui ont fait notre quotidien ? Piétons, ne vous êtes-vous pas amusés de découvrir chaque jour un nouvel itinéraire pour vous rendre au travail ? N'était-il pas grisant d'emprunter des boyaux cernés de tôle cassis, d'enjamber des monticules de sable, de grimper sur des passerelles de fortunes ?

 

Un jeu de piste à grande échelle

 

Dans un souci de préserver Dijon de l'ennui, il faut rétablir l'aspect ludique de la ville en travaux. Le projet est simple et peu coûteux : Il suffit de garder quelques barrières, palissades, passerelles et autres accessoires métalliques.

Ce mobilier, mis à l'entière disposition des dijonnais, servirait à recréer des itinéraires aléatoires au milieu des places et au travers des rues. Ce jeu participatif permettrait aux habitants de retrouver la joie d'une nouvelle énigme labyrinthique chaque matin, échappant ainsi à la monotonie d'un parcours formaté par nos besoins.

 

Certes tout cela nous ferait perdre du temps, mais la découverte de la ville ne mérite-t-elle pas qu'on y consacre quelques minutes par jour ? Après tout, il faut bien trouver un moyen de gaspiller tout ce temps que le tramway risque de nous faire gagner.