Vertige !

Dijon, 2022. Il faut payer le prix de la modernité. Il y a dix ans que le tramway circule sur les rails des rues dijonnaises alimenté par des câbles nécessaires à son fonctionnement. Des grandes caténaires ont envahi nos vies : elles se sont accrochées aux façades des bâtiments (même le plus récemment restaurées) et des affiches interdisent les toucher.  

 

Il ne faut pas avoir peur des infrastructures, il ne faut pas avoir le vertige !

Quelques jours après l'inauguration du tramway, les gens ont commencé à monter et à coudre une toile d'araignée à partir des caténaires. Une deuxième ville est née : celle des habitants qui à cause de la crise ont perdu leur travail, leur logement et leurs espoirs. Ils profitent de l'électricité des caténaires pour commencer une nouvelle vie dans laquelle ils sont les bâtisseurs des nouvelles maisons. Quand ils en ont besoin, ils utilisent les réservoirs d'eau de pluie. Les premiers cambriolages des appartements à la même hauteur que la toile d'araignée n'ont pas tardé à se succéder, ainsi que les premiers tags sur les façades. Il s'agit de la ville sans loi, la ville de la liberté.

 

Il ne faut pas avoir peur de la hauteur, il ne faut pas avoir le vertige !

Les habitants des niveaux les plus bas, vite gênés par les nouveaux habitants, ont commencé à bâtir des gratte-ciels. Une troisième ville est née : la bataille pour avoir l'immeuble plus haut a commencée. Afin d'échapper de la vue des caténaires squattées, Dijon a gagné en hauteur. La ville a fini de soigner son centre historique et se consacre désormais à avoir les plus hauts bâtiments du pays. Pendant ce temps, les caténaires semblent chaque jour plus denses et des nouvelles lignes du tramway s'ouvrent : les trois villes se propagent.  

 

Il ne faut pas avoir peur de l'avenir, il ne faut pas avoir le vertige !