Un premier tram à foudre

Depuis plusieurs mois,  les villes de Dijon, Chenôve et Quetigny voient fleurir nombres poteaux et fils le long du tracé du futur tramway. Ces installations techniques nécessaires au fonctionnement de ce nouveau transport sur rail, ont bouleversé notre vision du paysage de la ville. Certains diront que ce sont d’inesthétiques parasites qui polluent la cité. Mais au lieu de détraquer ces installations, pourquoi n’essayons-nous pas d’en tirer parti ? Cette omniprésence dérange, soit. Accentuons-la et donnons naissance à une véritable sculpture urbaine : une installation entre Land Art et expérience scientifique dans laquelle on peut se promener tout en la contemplant. Une œuvre d’art à l’échelle de la cité ? À l’heure des énergies renouvelables, profitons de ces installations parasitaires pour étudier, capter une ressource naturelle propre et inexploitée : la foudre. Imaginons cette gigantesque installation, cette œuvre urbaine s’animer et orchestrer les soirs d’orage, un étonnant ballet de foudre. Si ces forts courants pouvaient frapper sur ces centaines de caténaires et se frayer un chemin via ces kilomètres de câbles tendus qui parcourent la cité, ils nous fourniraient un spectacle des plus foudroyants. Et si on arrivait à stocker ces centaines de KWh fournis par le ciel et à les transformer en énergie réutilisable, ces installations techniques prendraient un tout nouveau sens, elles alimenteraient le tramway. Ainsi le premier tramway à foudre prendrait naissance et ouvrirait éventuellement un nouveau champ des possibles à la science. On ressortirait alors des tiroirs poussiéreux les théories de Nikolas Tesla et on essaierait de concevoir le fameux convecteur temporel du Docteur Emmett Brown.  Mais, en attendant que le futur tram ne se transforme en machine à voyager dans le temps, il arrive dès septembre pour nous faire voyager dans la ville.